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La réforme du collège

reformeD’abord abordée avec scepticisme, « une réforme de plus », elle a demandé une étude approfondie pour en découvrir tous les aspects que les médias ont souvent simplifiés,  caricaturés ou omis.

Rarement une réforme aura abordé tant de points et de manière aussi approfondie et complexe : les programmes, bien sûr, mais aussi les cycles, les horaires, le socle de compétences, la manière d’aborder les contenus par des activités particulières (les enseignements pratiques interdisciplinaires ou EPI), la suppression du redoublement, l’accompagnement personnalisé, la refonte du brevet, l’organisation de trois parcours (citoyen, artistique, d’avenir), l’évaluation, le livret scolaire et les bulletins.

Sans doute, en touchant ainsi à tout poursuit-on un double objectif : assurer la cohérence et faire que la constance du coefficient de perte (le pourcentage d’une réforme qui passe à la trappe…) s’applique sur une masse tellement importante de nouveautés et de changements qu’il en restera davantage…

Certaines bases idéologiques peuvent être mal perçues : enlever, au nom de l’égalité,  ce qui était donné en plus à certains (classes bilangues, sections européennes), diminuer ce qui était vu comme élitiste (latin, grec), lutter contre l’ennui au collège en rabotant le nombre d’heures de cours. Ce dernier point est d’une logique imparable : moins on passe de temps en classe, moins on s’y ennuie.

Pourtant, cette réforme porte en elle de nombreuses sources de progrès et d’espoirs : changer la manière d’aborder les savoirs, utiliser finement les moyens informatiques, mettre les élèves au travail ensemble pour apprendre en produisant, insister sur les compétences acquises,  évaluer positivement, construire des parcours cohérents, généraliser la deuxième langue dès la 5ème,…

A St Thomas, nous avons choisi d’aborder cette réforme de manière positive, forts des expériences passées, des savoir-faire mis en œuvre au collège comme au lycée, conscients que notre mission nous demande de faire en sorte que ça marche.

Comment faire bien avec les moyens dont nous disposons ?

En utilisant notre liberté, qui surgit de deux sources.

–          La première est la Loi Debré (31/12/1959) qui établit la liberté d’enseignement dans le cadre du contrat d’association avec l’Etat. Elle délimite ce qui nous est imposable et définit ce qui relève de nos choix internes d’établissement.

–          La deuxième est contenue dans la réforme du collège elle-même : une large marge d’autonomie est laissée à chaque établissement pour créer sa stratégie éducative, selon ses objectifs et son contexte, son imagination et son énergie collective.

En ces temps où nous pensons parfois crouler sous les contraintes administratives (malgré le fameux « choc de simplification », arlésienne du siècle), réjouissons-nous de trouver ces espaces d’autonomie, de création, d’inventivité.

Pour servir, toujours mieux, notre mission, et, selon le projet de l’Enseignement Catholique national, « Réenchanter l’Ecole ».

J. Hourcaillou, directeur